Archives de Tag: R16

Image

L’usine de Sandouville va fêter ses 50 ans


L'usine de Sandouville va fêter ses 50 ans

Pour une raison que j’ignore, cet article de Paris-Normandie a été « blacklisté » par Scoop.it. Il évoque un sujet très subversif, les 50 ans de l’Usine de Sandouville, près du Havre, dont on se rappelle qu’elle a été construite pour accueillir les chaînes de la Renault 16. Pour lire l’article, cliquer sur le lien.

Collin et Mauduit costumisent la R16 de Guetta


Pendant que David fait exploser les scores des charts dans le monde entier, Bernard Guetta, le grand frère, fait dans le vintage. À peine le dos tourné, pour préparer sa chronique « Géopolitique » sur France Inter le jeudi 2 février, les espiègles Collin et Mauduit s’en prennent à sa voiture, une vénérable Renault 16 (le modèle n’est pas précisé) achetée en 1974 au moment de l’élection de Giscard D’Estaing.

L’émotion est grande pour celui qui possède une Renault 16 de 1974 (une journée est passée, je vais mieux, malgré tout).

Une Renault 16 de 1974, identique à celle-ci, a fait l'objet d'une dégradation dans les sous-sol de France Inter

La bande sonore est terrible pour qui aime à entendre le moteur de la limousine seventies: meuleuse et autres soudures approximatives… Et puis vient le doute s’agit-il de la voiture de BG ou de celle de l’équipe du jeu des « 1000 € » ? Tout ça pour ça. On en pleurerait.

Pour soutenir Bernard Guetta (ou les « 1000 € »), je propose un boycott pendant une semaine du créneau 7 h. 57 / 7 h. 59. Tiens profitons en pour aller sortir le chien ou coupons le compteur en signe de protestation (convient aussi aux bretons pour économiser l’énergie de la nation en période de grand froid – cette fameuse énergie que nous ne produisons pas suffisamment à quatre départements – et à cinq, au fait, c’est bon ?).

Voici le fâcheux épisode:

http://www.franceinter.fr/player/export-reecouter?content=277141

La Renault 16 n’a pas bonne presse auprès de la radio. Souvenez-vous de l’image la plus terrible de Mai 1968: une R16 siglée « Europe 1 » retournée comme une crêpe le lendemain d’une manif. Parce qu’à l’époque, pas question de faire dans le durable pour les leaders d’opinion. Hein Dany !

Rusty R16


Pendant que certains poncent, soudent et rénovent d’autres mettent en boite des Renault 16 en mauvaise posture. Tout un art de la dentelle adaptée à l’automobile. Quand la nature reprend ses droits, la R16 devient « bio-dégradée ». Festival de « Rusty Renault 16 » sur FlickR.

Pour accéder à l'expo FlickR cliquer sur la photo

Bientôt: un comparatif BMW 2000 / Renault 16 TX sur la neige vu de Norvège…


L'article original en cliquant sur la photo

Prix Louis Delluc 2011: « Le Havre » avec « des voitures que je ne savais pas qu’elles existaient ! »



Le dernier film de Kaurismaki tourné au Havre

Le film « Le Havre » vient de recevoir le prix Louis Delluc 2011 (le Goncourt du cinéma, disent certains) qui récompense le meilleur film français de l’année.

Scène vue dans l’émission de critique cinéma « Le Cercle » sur CanalPlus Cinéma: « ce film avec des voitures que je ne savais pas qu’elles ont existé ! » Réponse de Begbeder: « Des R16 quand même !!!! » Exclamations. Fous rires. Bon, toujours est-il qu’après le dernier film d’Ozon, la Renault 16 fait donc une apparition dans le film « Le Havre » d’Aki Kaurismäki, qui est parti de Cannes sans aucune récompense malgré des commentaires critiques très favorables. Il s’agit d’un film sans âge, où les hommes portent des chapeaux, le décor semble issu des années 50 et où le héros blond du film se prétend le frère albinos d’un africain réfugié en France… Kaurismäki est un grand cinéaste. Impatient de voir ça… Bon, l’événement est vraisemblablement important puisque dans le quotidien La Provence, on peut lire un excellent article sur « Le Havre »… « Tout se passe dans une fausse réalité complètement recréée. Des décors vrais mais qui prennent des allures de décors de théâtre tellement ils ont été retravaillés. Ainsi, les véhicules modernes de la police cohabitent avec des taxis Renault 16 ou Peugeot 403. Le policier porte un chapeau mou et les tueurs de pacotille de grands impers. De la « jungle de Sangatte », on n’aperçoit que des images de la télé. » 

Entre les deux personnages...

Dans « Télérama », même enthousiasme: « Alors qu’on peut dater précisément Le Havre, puisqu’il se déroule au moment du démantèlement de la « jungle » de Calais, en septembre 2009, le réalisateur finlandais pioche exclusivement les objets de ses décors dans son imaginaire bloqué aux années 60 : les tables du bar La Moderne (!) sont en formica, le téléphone mural gris est en plastique injecté ; les hommes portent chapeau et gabardine, et roulent en Renault 16 ; tout le monde fait preuve d’une politesse à toute épreuve exprimée une langue châtiée. Enfin, en parangon inoxydable de cette vision rétro, le chanteur havrais Little Bob joue son propre rôle de rocker éternel. »

Il s’agit d’un film dans le plus pur style de Kaurismaki, très formel et la Renault 16 du commissaire, les R30 ou 403 des taxis participent de ce style prétendument désuet, comme le tourne disque des années 40 ou 50, le métier de Marcel Marx ou le chambre d’hôpital avec l’évier à deux mètres du lit… Pour Sophie Avon, critique de cinéma du « Masque et la plume » sur France Inter, « l’univers de Kaurismaki est très fort, assez théâtral, avec une diction très particulière et des aplats, quelque chose d’extrêmement simple, avec des pauvres reliques des années 50 et 70, une pauvre R16, un pauvre canapé en skaï rouge, et on bascule dans quelque chose de magnifique, de poétique. » C’est vrai et c’est moins pour montrer la pauvreté qu’on utilise ce type d’objets « vintage » que pour atteindre une forme d’universalité, planter le décor d’un conte, avec son ambiance totalement décalée et volontairement simplifiée. Les attributs du XXIè siècle sont présents mais très loin, en second plan. La désignation de la « pauvreté » comme un axe du récit de Kaurismaki est un contre-sens: la pauvreté, elle se lit plus aujourd’hui dans les dettes et la consommation de produits de mauvaise qualité que dans une vie épurée, ascétique et gentiment nonchalante, comme elle est montrée ici. Il s’agit bien d’un conte, d’une fable sociale, éventuellement, plus que d’un film « social » au sens strict.

Deux fascicules, un contenu – arnaque et vieilles guimbardes


Il y a quelques semaines, la Renault 16 était mise à l’honneur par deux collections de presse : « Le garage idéal » N° 12 du mensuel « Auto-Journal », sous titré « nos voitures mythiques du XXè siècle » et « Les classiques de l’automobile » de l’hebdomadaire « Auto-Plus » (N° 47), co-édité par Hachette. Le premier en petit format est un fascicule vendu avec le magazine, le second est une édition spécifique qui regroupe un fascicule grand format et une miniature 1/43è. Les deux fascicules, bien que de formats différents, sont identiques, au mot près. Le plus petit, celui de l’Auto-journal, reprend en plus des synthèses d’articles historiques du magazine.

À aucun moment, le lecteur potentiel n’est informé du tour de passe-passe, sauf dans les dernières pages, « l’ours » du fascicule de l’Auto-journal précise qu’il est une adaptation de l’autre document, plus grand et moins complet. Les photographies et les textes sont identiques. Les différences entre les deux documents sont purement formelles: formats, titres, collections. L’un est imprimé en Espagne, l’autre en Italie.

Évidemment, on se dit aussitôt que finalement le fascicule qui accompagne une miniature est souvent accessoire. C’est vrai. Surtout quand il réussit sur la une contradiction entre le titre « Renault 16 1968 » et la photo, un modèle postérieur à 1970… Mais, dans le cas d’Auto-Plus, ils ont même réussi à louper la miniature. Une 16 TS de 1968 qui ne dispose pas des longues portées à l’avant, le seul élément sur la face avant qui différencie ce modèle de la version 1150 existante jusqu’alors.

On peut être amateur de voitures anciennes et apprécier un travail de qualité, reconnaître à des produits de grande diffusion précision et pertinence, même dans ces collections purement « marketing » qui ont d’autant moins de valeur qu’elle s’adresse au grand public. Mais, si on peut être heureux du travail de Pierre Assouline autour des romans de Simenon ou encore de la collection « 999 » sur le design du XXè siècle, toutes les deux produites par « Le Monde », on peut douter de la clairvoyance des responsables éditoriaux de presse qui n’apportent aucun soin au contenu à ces opérations dont la première vocation est de fidéliser la clientèle.

S’il ne fallait en recommander qu’un, il est préférable de se procurer le supplément « Garage Idéal » de l’Auto-Journal, moins cher, plus complet, surtout sur la Renault 16 avec ce texte sur un essai en continu sur 40 000 kms et deux casses moteur.

Janvier 1973, Queensland-Australie, 13 000 kms non stop


Le magazine "The Wheels" avril 1973

Fin mai 2011, le forum « Aussiefrog » (forum australien consacré aux voitures françaises) évoque une expérience totalement folle qui s’est déroulée sur un circuit du Queensland en Australie: 8 000 miles non stop dans deux Renault, une R16 TS et une R12 GL, en 7 jours et 7 nuits. Soit l’équivalent de 5 aller-retour Paris-Brest ou de 20 aller-retour Rennes-Brest, ou encore de 250 aller-retour en Plouegat-Guerrand et Plouegat-Moysan par la RD42. Timbrés les aussies quand ils prennent des voitures froggies…

« C’est une blague ou quoi ? 8 000 miles ? En une seule fois avec ces froggy cars ? Oh ! c’est pas des V8 US, les gars ! » Huit minutes après avoir essuyé les sarcasmes des spectateurs, un dimanche soir, MM. French (le bien nommé) et Tait prirent le volant des deux voitures, le premier dans la Renault 16, le second dans la Renault 12.

Tout était planifié depuis des semaines. Comme une opération militaire. L’enjeu est de taille: les voitures ne doivent à aucun moment stopper leur marche en avant. Le plein est fait en roulant, de même que le changement de chauffeur et l’entrée et la sortie des passagers – conducteurs. Une équipe technique de 42 personnes accompagne le convoi et encadrent les 224 personnes qui entreront dans les voitures. Ces derniers étaient médecins, profs, vendeuses, etc. accompagnés de quelques pilotes de course. Chacun devait répondre à des instructions très précises et conduisait environ 3 heures. La rotation des occupants se faisait au moment du renouvellement du carburant, en roulant.

Dès le départ, la Renault 16 pris une bonne avance pour ménager un espace entre les deux voitures, pour éviter un éventuel « sur-accident » comme on dit aujourd’hui. Les Renault étaient équipées d’une radio en lien permanent avec un PC basé dans les locaux du Circuit  Queensland. Mais, la première nuit, la Région connu une panne d’électricité qualifiée d’historique qui coupa court à toute relation entre le PC et les voitures, tandis que la pluie redoublait sur la route. C’est dans ses conditions, à très petite vitesse et éclairé par des lampes torches que le premier changements d’occupants s’est déroulé et parfaitement sans encombre.

Le premier incident est arrivé à la Renault 12 le lundi dans la soirée. Le thermomètre indiquait une température supérieure à la normale, apparemment causée par une batterie qui chargeait exagérément (« the battery was overcharging« ). Une solution fut proposée immédiatement: allumer les feux. L’aiguille du thermomètre revint à un niveau normal. Fin du psychodrame.

La nuit du lundi au mardi, tout était impeccable. Pas de pluie, pas de voyant allumé, juste un tour de circuit après l’autre accomplis autour de 2 minutes 25 secondes de moyenne. L’éclairage pointé sur les voitures éclairait comme en plein jour. Les réflexes devenaient automatiques et les voitures tournaient tranquillement, à la grande joie des équipes qui connurent une nuit sans histoire.

Rolling pit

À 6 heures du matin, le mardi, les voitures avaient accompli 1 700 miles quand apparut le premier vrai problème. Des pneus Michelin particuliers équipaient les voitures. Ils étaient prévus pour tenir pendant toute l’expérience. Mais le bitume du circuit était trop abrasif et dès le mardi et le pneu avant gauche des deux voitures était trop abîmé. Il fallait les remplacer. Bien que réticente à l’exercice, l’équipe « Michelin », présente sur place, fit un travail monstrueux . « OK les gars, faîtes approcher la voiture pour changer les pneus. Nous avons répété ce travail une douzaine de fois. Mais Bon Dieu, faîtes le sans arrêter la voiture ! »

« Bon, GL, ralentit ! ralentit ! MOINS VITE ! Tu vas trop vite, putain ! Installez le cric, les gars ! Ok. Soulevez-là. Ok, impeccable. Continue de rouler. Embraye un peu. Bien. Bien. Virez moi ces écrous, les gars ! Vite ! La roue. Alignez moins les trous, ok, vissez fort – oui, très bien. Maintenant, nous allons redescendre le cric alors n’embraye pas, ok ? Bien. Virez moi ce cric ! Super ! » Une minute et vingt secondes et l’équivalent de six longueurs de voiture pour changer une roue.

Pas d’autre incident dans la journée sinon une collision avec un oiseau de belle taille, qui ne survécu pas… Plus de peur que de mal.

« Ramène la bagnole ! »

La mercredi soir, autour de 18 heures, 3 456 miles avaient été parcourus, en 72 heures. Il restait 92 heures à tenir. Ce fut la nuit de tous les dangers. Le chauffeur pour la période de minuit – trois heures fit une embardée avec la Renault 16 TS vers une heure du matin et se retrouva en dehors du circuit. La voiture s’est-elle arrêtée ? Non, il continua de rouler et remit la voiture sur la piste, penaud et attendant les ordres de la tour de contrôle ! Ce qui ne tarda pas.

« Ramène cette putain de bagnole, Stirling Moss ! On change de chauffeur. »

Tout ne peut pas être parfait ! Il n’y eut aucun autre incident cette nuit là. Une était suffisante.

Le jeudi, le vrai problème était la fatigue. Celle des chauffeurs et celle du staff. Lassitude du milieu de semaine, peut-on dire ! Trop de personnes à la limite, « brûlant la chandelle des deux côtés ». L’avertissement vint lors d’un changement de chauffeur. Celui qui cédait sa place toucha le frein du pied en sortant et la voiture fit un saut de grenouille vers l’avant, à la limite de caler quand un membre de l’équipe saute dans la voiture la tête la première pour enclencher l’embrayage et permettre au moteur de repartir. Désastre évité de justesse.

Jeudi soir, 21 heures, les deux voitures avaient parcouru 4 752 miles en 99 heures. Dans les temps !

Queensland en France

La fatigue se lisait dans les yeux. Les voitures tournaient. Les lumières suivaient les courbes et les lignes droites. Il restait 67 heures à tenir. Un défilé de spectateurs se relayait au bord de la piste. L’intérêt commençait à monter: la télévision française souhaitait obtenir les images et la presse de Sydney demandait de quoi il s’agissait.

Et l’épreuve se poursuivait, le vendredi et le samedi, sans le moindre problème.

Dimanche était le grand jour. Le maire de la Gold Cost vint sur la piste pour lever le drapeau pour le dernier passage de la ligne. Les équipes de télévision commençaient à se montrer et les spectateurs vinrent en nombre, pour beaucoup dans des Peugeot ou des Renault. Les trois derniers tours étaient fantastiques, avec de nombreuses voitures qui suivaient le parcours des deux voitures vedettes. La scène évoquait plus la France que le Queensland.

Quand tout fut achevé, le champagne coula à flot et la conversation sur les courses d’endurance dura jusque la nuit.

Les chiffres de l’expérience

Distance: 8 159 miles (13 130 kms); consommation de la Renault 12 GL: 37,8 mpg; consommation de la 16TS: 29, 1 mpg; consommation d’huile: autour de 55 centilitres par voiture; la vitesse moyenne: 48,56 miles par heure (78 km/h); durée de l’expérience: 168 heures, non stop.

Merci à Jean-François du Québec pour son aide à la traduction.