Archives de Catégorie: Cinéma

Première revendication de l’après élection: la R16, voiture présidentielle 2012 !


Nous sommes le 6 mai 2012. L’heure est grave. Les tweets gazouillent dans tous les sens en attendant que le temps fiabilise petit à petit les sondages de sortie des urnes… Option 1: champagne au frais. Option 2: 18 ans d’âge à portée de main.

En 2002, après un score à la « Général Tapioca », le nouveau Président se fait courser par les motos du service public de l’audiovisuel (ex. ORTF) dans une CX.

Revendiquons pour les prochaines heures une course folle dans les rues de Paris en Renault 16 1965 noire. Le roman photo de la Renault 16 sur Grand Écran nous fait y croire, non ?

« Two for the road »

Tandis que l’un disait « More »…

… tout en craignant « Le départ » poursuivi par les deux roues…

… devenant ‘L’homme à la valise »…

… se disant « J’ai tout donné »…

L’autre espérait qu’après « Les seins de glace » (sic), escorté par les motos…

… « le joli mois de mai » …

… « l’héritier »…

… se dirait « Ho! »…

… marre de rester en arrière plan, hâte de finir « L’aventure c’est l’aventure » ! …

… ou « Prenez la queue comme tout le monde »…

…  « Ce n’est qu’un début » voilà le slogan !

Mais, « Ne poussez pas grand-père dans les cactus »…

« Deux hommes dans la ville » se préparent au casting de l’année.

Pour l’un: « À bientôt, j’espère ».

Pour l’autre: Je suis « le Pacha »…

… du « Pays de Cocagne »…

Merci au site IMCDb.org pour les images….

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Prix Louis Delluc 2011: « Le Havre » avec « des voitures que je ne savais pas qu’elles existaient ! »



Le dernier film de Kaurismaki tourné au Havre

Le film « Le Havre » vient de recevoir le prix Louis Delluc 2011 (le Goncourt du cinéma, disent certains) qui récompense le meilleur film français de l’année.

Scène vue dans l’émission de critique cinéma « Le Cercle » sur CanalPlus Cinéma: « ce film avec des voitures que je ne savais pas qu’elles ont existé ! » Réponse de Begbeder: « Des R16 quand même !!!! » Exclamations. Fous rires. Bon, toujours est-il qu’après le dernier film d’Ozon, la Renault 16 fait donc une apparition dans le film « Le Havre » d’Aki Kaurismäki, qui est parti de Cannes sans aucune récompense malgré des commentaires critiques très favorables. Il s’agit d’un film sans âge, où les hommes portent des chapeaux, le décor semble issu des années 50 et où le héros blond du film se prétend le frère albinos d’un africain réfugié en France… Kaurismäki est un grand cinéaste. Impatient de voir ça… Bon, l’événement est vraisemblablement important puisque dans le quotidien La Provence, on peut lire un excellent article sur « Le Havre »… « Tout se passe dans une fausse réalité complètement recréée. Des décors vrais mais qui prennent des allures de décors de théâtre tellement ils ont été retravaillés. Ainsi, les véhicules modernes de la police cohabitent avec des taxis Renault 16 ou Peugeot 403. Le policier porte un chapeau mou et les tueurs de pacotille de grands impers. De la « jungle de Sangatte », on n’aperçoit que des images de la télé. » 

Entre les deux personnages...

Dans « Télérama », même enthousiasme: « Alors qu’on peut dater précisément Le Havre, puisqu’il se déroule au moment du démantèlement de la « jungle » de Calais, en septembre 2009, le réalisateur finlandais pioche exclusivement les objets de ses décors dans son imaginaire bloqué aux années 60 : les tables du bar La Moderne (!) sont en formica, le téléphone mural gris est en plastique injecté ; les hommes portent chapeau et gabardine, et roulent en Renault 16 ; tout le monde fait preuve d’une politesse à toute épreuve exprimée une langue châtiée. Enfin, en parangon inoxydable de cette vision rétro, le chanteur havrais Little Bob joue son propre rôle de rocker éternel. »

Il s’agit d’un film dans le plus pur style de Kaurismaki, très formel et la Renault 16 du commissaire, les R30 ou 403 des taxis participent de ce style prétendument désuet, comme le tourne disque des années 40 ou 50, le métier de Marcel Marx ou le chambre d’hôpital avec l’évier à deux mètres du lit… Pour Sophie Avon, critique de cinéma du « Masque et la plume » sur France Inter, « l’univers de Kaurismaki est très fort, assez théâtral, avec une diction très particulière et des aplats, quelque chose d’extrêmement simple, avec des pauvres reliques des années 50 et 70, une pauvre R16, un pauvre canapé en skaï rouge, et on bascule dans quelque chose de magnifique, de poétique. » C’est vrai et c’est moins pour montrer la pauvreté qu’on utilise ce type d’objets « vintage » que pour atteindre une forme d’universalité, planter le décor d’un conte, avec son ambiance totalement décalée et volontairement simplifiée. Les attributs du XXIè siècle sont présents mais très loin, en second plan. La désignation de la « pauvreté » comme un axe du récit de Kaurismaki est un contre-sens: la pauvreté, elle se lit plus aujourd’hui dans les dettes et la consommation de produits de mauvaise qualité que dans une vie épurée, ascétique et gentiment nonchalante, comme elle est montrée ici. Il s’agit bien d’un conte, d’une fable sociale, éventuellement, plus que d’un film « social » au sens strict.