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Australie, Canada, Suède, la Renault 16 et son image


Il y a quelques semaines, le magazine Gazoline faisait la une avec un reportage sur Brigitte, une Renault 16 (1150) appartenant à Jean-François de Montréal. Cette fois c’est un magazine canadien en ligne qui s’intéresse à ce transfuge de la campagne française. Et c’est là qu’on comprend pourquoi, quelques décennies après le départ brutal de Renault du continent nord américain, il reste encore des séquelles dans la tête des amateurs de « vieux chars ». Explications.

Sur le site « Autonet.ca », dans la rubrique « J’aime mon char », Luc-Olivier Chamberland présente ainsi la Renault 16 de Jean-François: « il est presque incroyable de croire que cette bagnole à la réputation douteuse les transporta de villes en cités en passant par la France, la Suisse et l’Italie… » Après cette entrée en matière surprenante (devrait-on dire « définitive »), un article sympathique sur les pérégrinations de Brigitte, la désormais célèbre Renault 16 « transatlantique »…

Entre l’idolâtrie des français qui en ont possédé une, le regard amusé des australiens qui s’interrogent sur l’origine de ce vilain petit canard et la passion des néerlandais qui prétendent que « la R16 est aussi française que la DS mais qu’avec elle tu es certain d’arriver à bon port », la réputation de la Renault 16 est étonnement contradictoire.

Alors s’il est vrai qu’on qualifie souvent un véhicule par comparaison aux voitures  de « Monsieur Toutlemonde », le gars banal qui habite à deux pas de chez toi et change de voiture tous les quatre ans, roule en Renault en France, en Fiat en Italie, en Opel en Allemagne, en Opel (Vauxhall) en Grande-Bretagne, en Opel en Belgique, en Volvo en Suède, en Aston-Martin à Monaco et au Milan AC… je m’égare…

Donc, l’écart entre la voiture du gars du coin de la rue et notre sujet, la Renault 16, n’est pas toujours à l’avantage de cette dernière.

Une pub canadienne pour la Renault 16. Notez le « built in Canada » (cliquer sur la photo pour accéder à l’article sur l’usine de St Bruno au Canada)

Jean-François, que j’interroge pour en savoir plus sur la réputation de Renault au Canada me donne une explication plutôt « éclairante »:

« Ici au Quebec, c’est malheureusement la mauvaise reputation que Renault traine depuis les années 60. Faut dire que le fait de nous avoir sèchement abandonné en 1987 alors que le R5 était le meilleur vendeur de sa catégorie n’a pas aide pour la réputation! C’est comme si Renault fermait subitement ses concessions alors que la Clio est au sommet des ventes! Ensuite, pour la R16, il faut admettre que cette voiture n’est vraiment pas adaptée a notre climat! Rajoute le calcium dans les rues l’hiver et la conception plus que douteuse des corps creux comme les bas de caisses et les ancrages de
Suspensions, ça fait qu’en moin de 4 ans, les R16 partaient à la casse! Sans compter des R8 qui n’avaient pas de chauffage, pire sur les dauphines qui e démarraient pas l’hiver à cause du système 6V! Au même moment, tu pouvais acheter une Chevrolet pour le même prix, un monstre avec un gros V8 qui démarre au quart de tour et fourni plus qu’il en faut au niveau électrique, pas surprenant que Renault continue après plus de 30 ans après son départ, la réputation de construire des merdes! Fiat nous a fait le même coup et ils maintenant qu’ils reviennent sur le marché américains, ils en subissent encore les contre-coups! La nouvelle Fiat 500 avait des projections de vente de plus de 300 000 unités aux USA, et ils en ont à peine vendu 25000 en 2011, il semblerait que les américains sont frileux face à la mauvaise réputation qui date des années 70! Fix It Again Tony! donc on ne peut pas trop blâmer ce journaliste de rapporter ce que j’entends 9 fois sur 10 au sujet de ma voiture quand les gens l’apercoivent! « ah! Surprenant! Elle a survécu! C’était une vraie merde à l’époque! » j’ai tout entendu! Dans un contexte de collection, ça n’a plus d’importance, mais sur une utilisation quotidienne par -30 deg un hiver avec 2 mètres de neige et du calcium plein les rues, effectivement, c’est une vraie merde! 🙂 »

En 2002, Richard, australien et propriétaire d’une Renault 16 disait de sa voiture:

« En Australie, conduire une R16 (ou une R12) signifie que vous êtes une drôle de personne, mais aussi quelqu’un qui a peu de moyens. J’ai acheté ma R16, dans un état magnifique, 450 $ australiens. Converti en une référence courante pour tous, c’est l’équivalent de 75 repas dans un Mac Donald’s. Je me suis simplement privé de nourriture pendant 75 jours pour me l’acheter:).

La R16 n’est pas considérée ici comme une voiture “cheap”; ce qui est plus réservé au voitures courantes comme les Ford Cortina ou Escort ou à la Holden (marqua australienne uniquement) Camiras. Comparées à la R16, elles sont des voitures ordinaires.

Ce que cela signifie, pour moi, d’etre assis dans une Renault 16, c’est d’être dans le fauteuil le plus rapide que j’ai jamais possédé. Si je veux du confort et continuer à mener ma barque dans le paysage, je prend ma 16. Si je veux aller plus vite (et me blesser), je prends une moto. Pour moi, les deux alternatives se complètent parfaitement. Toute personne qui s’est jamais baladé en R16 dit généralement: moche à l’extérieur, mais comme ces sièges sont confortables !” Jamais personne ne se plaint de la promenade.

Une brochure australienne de 1975. En cliquant sur la photo, accès à la vidéo de Phin, propriétaire d’une R16 orange andalou à Victoria en Australie.

En Australie, elle était autrefois considérée comme exotique. d’abord parce que l’avant de la voiture ne semble pas coller avec l’arrière. Mais les gens qui l’ont possédée savent qu’elle apporte une grande capacité de chargement. Un de mes grands pères en avait acheté une parce qu’elle permettait de charger autant de planches de bois que dans son ancien break Holden, mais pour un encombrement deux fois moindre et beaucoup plus de plaisir de conduite. « 

La même année, Magnus, en Suède, m’apportait un autre témoignage: le propriétaire d’une Renault 16 était considéré comme un amateur de « high-tech »:

« En Suède, le propriétaire d’une Renault 16 était hautement qualifié en technologie et souhaitait posséder les dernières innovations. Plus tard dans les années 60 et au début des années 70, ces personnes ont changé pour une BMW, une Jaguar ou un autre modèle high tech. Quand les voitures (R16) ont vieilli, elles sont devenues des voitures de seconde main, bon marché, et étaient souvent maltraitées jusqu’à la mort. La corrosion n’a pas aidé. Et les R16 de Suède sont rapidement devenues populaires chez les revendeurs de quasi épaves (ou les casses). Aujourd’hui, quand les gens parlent de la R16, ils parlent soit de voitures confortables et innovante pour son époque, soit ils se rappellent d’un incurable tas de rouille.

En Suède, à partir de 1974, les phares étaient équipés d’essuie-glace.

Conduire une R16 aujourd’hui est sans doute considéré comme bizarre, mais pas de mauvais goût. Il n’y a plus de tas de feraille en circulation et les dernières qui restent sont considérées comme des collectors. »

Partout en France, conduire une Renault 16 attire la sympathie et, peu importe la réputation historique de la voiture, on peut imaginer, comme c’est le cas de Jean-François au Canada, que posséder cette voiture dans un pays où elle est très rare est finalement encore plus valorisante, alors si en plus vous lui avez fait traverser les océans…

En Australie, une Renault 16 TS orange andalou en vedette !


Excellent film que cette présentation d’une Renault 16 TS par son nouveau propriétaire Phin Ziebell, habitant de Victoria en Australie. Une TS orange andalou de 1974 qui est sa quatrième renault. Il possède sa première depuis l’âge de 18 ans, un Break Renault 12. Une seule explication possible: la folie. « Je ne peux pas m’empêcher de les collectionner ! » dit-il.

Il adore cette voiture pour plusieurs raisons. La première est qu’elle est devenue très rare en Australie. La seconde est sa couleur, très mi-70. « On dirait que cette voiture est arrivée pour moi au bon moment dans la bonne couleur ».

Il poursuit. « Ce que je préfère dans la Renault 16, c’est le design, surtout l’arrière. C’est la première voiture à avoir développé le hayon arrière. L’utilisation de barres de torsion, la position de la boite de vitesse et du moteur… C’est une très jolie voiture. J’ai fait quelques travaux sur cette voiture mais bon, c’est un combat de tous les instants ! Tout fonctionne parfaitement et j’ai l’intention d’en profiter. Surtout qu’elle possède cinq vitesse et elle est parfaite sur autoroute. »

Congratulations Phin !

 

Facebook group(e) is back !


Drôle d’histoire sur Facebook. Habitué à publier des contenus sur un groupe Facebook abandonné par son créateur, j’ai été élevé au rang d’administrateur. Sauf que le jour où les groupes ont changé de mise en page, les anciens groupes se sont vus mettre au rencard… menacés de disparition comme de vulgaires mammifères marins… alors l’administrateur de secours s’est pris au jeu… je revendique le groupe… je vire les administrateurs (histoire d’être tranquille) et je relance le bazar…

Les américaines sur le groupe Facebook...

Quelques minutes de folie: la diaspora R16 montre toute sa diversité. Nous passons de trois franchouillards à 8 dont un canadien, un égyptien, un finlandais et un philippin…

Rejoignez-nous ici: http://minu.me/5we8 ou cliquez sur la photo après avoir créé votre profil.

Bienvenue, welcome parce que c’est en français et en anglais !

Janvier 1973, Queensland-Australie, 13 000 kms non stop


Le magazine "The Wheels" avril 1973

Fin mai 2011, le forum « Aussiefrog » (forum australien consacré aux voitures françaises) évoque une expérience totalement folle qui s’est déroulée sur un circuit du Queensland en Australie: 8 000 miles non stop dans deux Renault, une R16 TS et une R12 GL, en 7 jours et 7 nuits. Soit l’équivalent de 5 aller-retour Paris-Brest ou de 20 aller-retour Rennes-Brest, ou encore de 250 aller-retour en Plouegat-Guerrand et Plouegat-Moysan par la RD42. Timbrés les aussies quand ils prennent des voitures froggies…

« C’est une blague ou quoi ? 8 000 miles ? En une seule fois avec ces froggy cars ? Oh ! c’est pas des V8 US, les gars ! » Huit minutes après avoir essuyé les sarcasmes des spectateurs, un dimanche soir, MM. French (le bien nommé) et Tait prirent le volant des deux voitures, le premier dans la Renault 16, le second dans la Renault 12.

Tout était planifié depuis des semaines. Comme une opération militaire. L’enjeu est de taille: les voitures ne doivent à aucun moment stopper leur marche en avant. Le plein est fait en roulant, de même que le changement de chauffeur et l’entrée et la sortie des passagers – conducteurs. Une équipe technique de 42 personnes accompagne le convoi et encadrent les 224 personnes qui entreront dans les voitures. Ces derniers étaient médecins, profs, vendeuses, etc. accompagnés de quelques pilotes de course. Chacun devait répondre à des instructions très précises et conduisait environ 3 heures. La rotation des occupants se faisait au moment du renouvellement du carburant, en roulant.

Dès le départ, la Renault 16 pris une bonne avance pour ménager un espace entre les deux voitures, pour éviter un éventuel « sur-accident » comme on dit aujourd’hui. Les Renault étaient équipées d’une radio en lien permanent avec un PC basé dans les locaux du Circuit  Queensland. Mais, la première nuit, la Région connu une panne d’électricité qualifiée d’historique qui coupa court à toute relation entre le PC et les voitures, tandis que la pluie redoublait sur la route. C’est dans ses conditions, à très petite vitesse et éclairé par des lampes torches que le premier changements d’occupants s’est déroulé et parfaitement sans encombre.

Le premier incident est arrivé à la Renault 12 le lundi dans la soirée. Le thermomètre indiquait une température supérieure à la normale, apparemment causée par une batterie qui chargeait exagérément (« the battery was overcharging« ). Une solution fut proposée immédiatement: allumer les feux. L’aiguille du thermomètre revint à un niveau normal. Fin du psychodrame.

La nuit du lundi au mardi, tout était impeccable. Pas de pluie, pas de voyant allumé, juste un tour de circuit après l’autre accomplis autour de 2 minutes 25 secondes de moyenne. L’éclairage pointé sur les voitures éclairait comme en plein jour. Les réflexes devenaient automatiques et les voitures tournaient tranquillement, à la grande joie des équipes qui connurent une nuit sans histoire.

Rolling pit

À 6 heures du matin, le mardi, les voitures avaient accompli 1 700 miles quand apparut le premier vrai problème. Des pneus Michelin particuliers équipaient les voitures. Ils étaient prévus pour tenir pendant toute l’expérience. Mais le bitume du circuit était trop abrasif et dès le mardi et le pneu avant gauche des deux voitures était trop abîmé. Il fallait les remplacer. Bien que réticente à l’exercice, l’équipe « Michelin », présente sur place, fit un travail monstrueux . « OK les gars, faîtes approcher la voiture pour changer les pneus. Nous avons répété ce travail une douzaine de fois. Mais Bon Dieu, faîtes le sans arrêter la voiture ! »

« Bon, GL, ralentit ! ralentit ! MOINS VITE ! Tu vas trop vite, putain ! Installez le cric, les gars ! Ok. Soulevez-là. Ok, impeccable. Continue de rouler. Embraye un peu. Bien. Bien. Virez moi ces écrous, les gars ! Vite ! La roue. Alignez moins les trous, ok, vissez fort – oui, très bien. Maintenant, nous allons redescendre le cric alors n’embraye pas, ok ? Bien. Virez moi ce cric ! Super ! » Une minute et vingt secondes et l’équivalent de six longueurs de voiture pour changer une roue.

Pas d’autre incident dans la journée sinon une collision avec un oiseau de belle taille, qui ne survécu pas… Plus de peur que de mal.

« Ramène la bagnole ! »

La mercredi soir, autour de 18 heures, 3 456 miles avaient été parcourus, en 72 heures. Il restait 92 heures à tenir. Ce fut la nuit de tous les dangers. Le chauffeur pour la période de minuit – trois heures fit une embardée avec la Renault 16 TS vers une heure du matin et se retrouva en dehors du circuit. La voiture s’est-elle arrêtée ? Non, il continua de rouler et remit la voiture sur la piste, penaud et attendant les ordres de la tour de contrôle ! Ce qui ne tarda pas.

« Ramène cette putain de bagnole, Stirling Moss ! On change de chauffeur. »

Tout ne peut pas être parfait ! Il n’y eut aucun autre incident cette nuit là. Une était suffisante.

Le jeudi, le vrai problème était la fatigue. Celle des chauffeurs et celle du staff. Lassitude du milieu de semaine, peut-on dire ! Trop de personnes à la limite, « brûlant la chandelle des deux côtés ». L’avertissement vint lors d’un changement de chauffeur. Celui qui cédait sa place toucha le frein du pied en sortant et la voiture fit un saut de grenouille vers l’avant, à la limite de caler quand un membre de l’équipe saute dans la voiture la tête la première pour enclencher l’embrayage et permettre au moteur de repartir. Désastre évité de justesse.

Jeudi soir, 21 heures, les deux voitures avaient parcouru 4 752 miles en 99 heures. Dans les temps !

Queensland en France

La fatigue se lisait dans les yeux. Les voitures tournaient. Les lumières suivaient les courbes et les lignes droites. Il restait 67 heures à tenir. Un défilé de spectateurs se relayait au bord de la piste. L’intérêt commençait à monter: la télévision française souhaitait obtenir les images et la presse de Sydney demandait de quoi il s’agissait.

Et l’épreuve se poursuivait, le vendredi et le samedi, sans le moindre problème.

Dimanche était le grand jour. Le maire de la Gold Cost vint sur la piste pour lever le drapeau pour le dernier passage de la ligne. Les équipes de télévision commençaient à se montrer et les spectateurs vinrent en nombre, pour beaucoup dans des Peugeot ou des Renault. Les trois derniers tours étaient fantastiques, avec de nombreuses voitures qui suivaient le parcours des deux voitures vedettes. La scène évoquait plus la France que le Queensland.

Quand tout fut achevé, le champagne coula à flot et la conversation sur les courses d’endurance dura jusque la nuit.

Les chiffres de l’expérience

Distance: 8 159 miles (13 130 kms); consommation de la Renault 12 GL: 37,8 mpg; consommation de la 16TS: 29, 1 mpg; consommation d’huile: autour de 55 centilitres par voiture; la vitesse moyenne: 48,56 miles par heure (78 km/h); durée de l’expérience: 168 heures, non stop.

Merci à Jean-François du Québec pour son aide à la traduction.

Buggy Renault 16 en Australie


Une Renault 16 Buggy à vendre dans les Blus Mountains en Australie. Le propriétaire en demande 100 $ australiens. Il le propose sur le site des propriétaires de Renault à Canberra en précisant qu’il faut travailler sur les freins…

Mais, le Buggy est vendu !

R16 Buggy en Australie

L’annonce originale:

I have a R16 buggy at the Blue Mts.

Would love to go to a member – for fun or parts.

Needs work on Brake hydraulics.

$100- would be nice……